Ciné Illégal

2007-2010 : Illegal_Cinéma de Belgrade

Illegal_cinema a d’abord vu le jour à Belgrade en 2007 au sein du collectif serbe TkH-Walking Theory, à l’initiative de Marta Popivoda. Dans un pays où l’accès à des films indépendants et expérimentaux est rendu difficile par l’absence de plateformes et d’outils de diffusion, le projet rend possible l’accès à de telles œuvres.

2010-2013 : Les Laboratoires d’Aubervilliers, expérience d’une nouvelle itinérance

Entre 2010 et 2012, dans le cadre d’une résidence de la plateforme serbe TkH-Walking Theory et d’un projet initié par Marta Popivoda, illegal_cinema se replace dans le contexte spécifique des Laboratoires d’Aubervilliers et, plus largement, de la scène artistique d’Île-de-France. Le processus de transposition du dispositif illegal_cinema a commencé par une redéfinition du terme «illégal» : plutôt que de faire référence au piratage, à l’activisme (très important dans le contexte de Belgrade), ou à la rareté des films projetés, il en appelle ici à l’émergence d’un discours critique au sein des spectateurs.

L’enjeu se déplace alors vers l’ouverture d’un discours engagé quoique non-expert autour de films dont le public habituel est souvent très spécialisé. De manière concrète, le dispositif fonctionne par un appel à participation : chaque spectateur peut proposer un film de son choix, s’engageant à l’accompagner avant et après la projection, par une discussion avec l’ensemble du public. Ainsi, depuis mai 2010, des discussions sont organisées à partir de films ayant une circulation restreinte dans les circuits habituels du cinéma ou dans les médias, proposées chaque fois par une personne différente.

En outrepassant l’autorité habituellement donnée au spécialiste, ces séances «auto-programmées» reconnaissent à chacun/e l’«expertise» pour s’exprimer sur l’expérience filmique comme sur des sujets sociaux et politiques très divers. En transcendant les frontières entre les formats et les publics auxquels ils sont habituellement dédiés, illegal_cinema permet ainsi la rencontre entre des publics variés et la naissance d’une discussion partagée.

Rendre poreuses les frontières entre programmateur et public, renverser les acceptions habituelles quant à la légitimité du discours prononcé à l’endroit de l’objet artistique, tel est l’enjeu du projet. Il n’existe aucune restriction quand à la nature du film, qu’il s’agisse de courts ou de longs-métrages, de documentaires, de films d’animation, de vidéos d’artistes, ou d’autres objets filmiques. Une seule limite sert de principe fondateur au projet : un réalisateur ne peut assister à la séance ni proposer ses propres films – ceci pour privilégier une prise de parole du public, une discussion collective.

www.leslaboratoires.org

Marta Popivoda

Née en 1982 à Belgrade, Marta Popivoda est une réalisatrice de films de cinéma et vidéo. Diplômée de l’Université des arts dramatiques de Belgrade, puis de l’Université Art & Media de Berlin, elle a été membre du collectif éditorial TkH (Walking Theory), une plateforme de recherche artistique créée à Belgrade, où elle met en place et développe de nombreux projets artistiques et culturels, nationaux et internationaux, tel que Illegal_Cinema). Son travail a été présenté dans des festivals internationaux, sous forme d’expositions, installations et projections vidéos.

www.martapopivoda.info
www.facebook.com/marta.popivoda

Ciné Illégal 2013 : Le ZO, Nîmes

Avec la diversification des supports et des moyens de diffusion, notre rapport à l’image en mouvement s’est considérablement modifiée, au point de rendre confuses et caduques certaines définitions : qu’appelle-t-on cinéma aujourd’hui, sous quelles formes le reconnaît-on et en quels lieux s’inscrit-il ? Si l’espace de la salle de cinéma demeure par excellence le lieu de cette mystérieuse opération de dévoilement, qui fait fonction d’interzone entre public et privé, ce lieu est forcément appelé à évoluer, au risque de disparaître. Il est évident qu’une bonne partie des spectateurs qui remplissaient les salles de cinéma se tourne aujourd’hui vers des moyens techniques de diffusion qui entrent dans la catégorie des appareils dits « domestiques » lesquels font partie des biens de consommation courante. Ces conditions de visionnement génèrent de nouvelles pratiques artistiques et culturelles, plus individualisées, principalement issues de l’ère numérique, qui les éloignent de plus en plus de ce lieu fondateur pour se cantonner au domaine privé, quand il ne se limite pas à la sphère strictement familiale. Peut-on concevoir d’autres espaces d’échange, retrouver de vrais liens de partage autour du cinéma, tel qu’on se le représente dans sa diversité ? Et, compte tenu des conditions de distribution et de commercialisation qui, comme le livre dans l’édition, font autoritairement se succéder les films à un rythme de plus en plus soutenu, peut-on fonder ou refonder une vraie culture cinématographique et contribuer à sa (re)découverte ? Peut-on encore sauver ce qui nous a fait et qui nous fait encore aimer le cinéma, en tant qu’expression artistique et plus largement, support d’ouverture, moyen d’accès à la connaissance ?

Beaucoup de questions se posent à ce sujet et l’équipe du ZO, curieuse de l’évolution de cet univers multiforme des images animées, a souhaité servir de nouvelle plateforme à cette expérience née en 2007 à Belgrade, selon des modalités similaires à celles des Laboratoire d’Aubervilliers, en direction du public nimois.

 

 

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illegal_cinema_27th_June_2011

CINE ILLEGAL 07
Mardi 27 mai à 19h30 au ZO

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