LA CAMÉRA

LES MOUVEMENTS DE CAMÉRA

Quand il n’y a ni mouvement, ni recadrage, on parle de caméra fixe. Mais dès que le cadre change de façon notable au cours d’un même plan, on parle de mouvement de caméra. Il y a plusieurs types de mouvements :

Le Panoramique : la caméra reste à la même place, mais pivote sur son axe horizontal dans le cas d’un panoramique latéral (droite ou gauche), ou sur son axe vertical dans le cas d’un panoramique vers le haut ou le bas.

Le Travelling : la caméra change de place physiquement pendant la durée du plan. Les travellings peuvent nécessiter un matériel spécial (rails et chariot, steadycam, grues) ou peuvent s’effectuer à l’épaule ou à la main.

Il existe différents types de travellings : (latéral est un déplacement de la caméra vers la droite ou vers la gauche), Dans un travelling vertical (vers le haut ou le vers le bas), arrière (la caméra recule) ou avant (elle avance).

A ne pas confondre avec le zoom, qui est en fait un « travelling dit optique ».

– L’effet dit « zoom » est une modification de la distance focale de l’objectif au cours de la prise de vues obtenue grâce avec un objectif à focale variable. Il modifie la distance apparente des objets et la perspective.

Il peut être avant ou arrière.

Travellings, panoramiques et zooms peuvent se combiner.

Caméra à l’épaule ou à la main : se dit lorsque le cadreur porte la caméra sans utiliser de pied ce qui génère une image instable. Ce mouvement de caméra est souvent pour renforcé l’identification au personnage en créant un effet d’immersion du spectateur dans l’action. Très utilisé en caméra dite « subjective » (le spectateur voir à travers les yeux du personnage).

Exemples en image.

Pour approfondir.


LES OBJECTIFS

Ce qu’on appelle en jargon technique la « distance focale » est la distance qui sépare le capteur de la lentille. Elle se mesure en millimètre ; c’est cette mesure qui est indiquée sur l’objectif (par exemple un 80mm désigne un objectif dont la distance entre le foyer et le centre optique est de 80mm).

Plus la focale est dite « courte » (en-dessous de 30 mm), plus les lentilles sont proches du capteur (ou de la pellicule), plus le champ est large. Par contre, plus la focale est dite « longue » (au-dessus de 80 mm), plus le champ de vision est restreint.

Ce qu’on appelle communément « Zoom » est un objectif possédant une focale variable. C’est pour ça qu’on accompagne toujours le zoom de 2 chiffres (28-200, 28-70, 70-300, etc.).

L’équivalent de la vision humaine est aux alentours de 50 mm.

Les objectifs avec une focale de 8 mm à 35 mm sont appelés « grand angle ». La courte focale est en général utilisée pour filmer des décors, des intérieurs, des paysages ou l’architecture. Mais on peut aussi l’utiliser pour les plans rapprochés ou les gros plan, ce qui a pour effet de déformer les perspectives et de générer une certaine étrangeté, voire inquiétude en fonction des éclairages (comme ci-dessous avec Matrix des frères Wachowski, Brazil de Terry Gilliam et Evil Dead 2 de Sam Raimi).

L’objectif appelé fisheye (« œil de poisson » en anglais, ou objectif hypergone en langage super intelligent), est un objectif photographique ayant pour particularité une distance focale très courte et donc un angle de champ très grand allant jusqu’à 180° dans la diagonale, voire dans toute l’image. Il introduit par son principe même une distorsion qui courbe fortement toutes les lignes droites qui ne passent pas par le centre. L’utilisation la plus célèbres de cet objectif au cinéma est la vue subjective de HAL dans 2001, l’Odyssée de l’espace de Stanley Kubrick.

Les objectifs de 40 mm à 80 mm sont des objectifs dits standards, qui ne déforment pas (portraits, paysages, intérieur, macro…).

Les objectifs au-dessus de 80 mm sont dits « téléobjectifs ». La longue focale fausse les distances, écrase les perspectives, décolle le personnage du fond, voire l’isole (comme l’image ci-dessous tirée de Full Circle de Richard Loncraine).


Quelques explications en plus

Faire des gros plans ou des plans rapprochés avec une focale courte oblige à être extrêmement proche du sujet, ce qui peut être à la fois intrusif et agressif. C’était le choix par exemple de William Klein dans ses premières photos et ses premiers films (comme Muhammad Ali The Greatest ci-dessous). A l’inverse, bien qu’une longue focale réduise le champ, elle permet d’être plus éloigné des acteurs et de se faire oublier, leur offrant une certaine liberté (voir Une Femme sous influence de John Cassavetes ci-dessous).

Pour approfondir.

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