Le Livre d’Image de Jean-Luc Godard

Suisse | 2018 | 1h25

Réalisation – Jean-Luc Godard | En collaboration avec Fabrice Aragno et Jean-Paul Battaggia

Archéologie – Nicole Brenez

Du 4 au 7 décembre à l’École supérieure des Beaux Arts de Nîmes

En partenariat avec l’ÉSBAN


Le mercredi 3 décembre à 19h30 à L’École des Beaux Arts de Nîmes – Entrée libre

Précédé d’une conférence de Cyril Neyrat à l’École des Beaux-Arts à 17h


Cet hiver, Anima s’associe avec l’École des Beaux-Arts pour vous proposer Le Livre d’image de Jean-Luc Godard. Pour ce nouvel opus, il a souhaité sortir des salles de cinéma et investir des lieux inhabituels. Le film sera ainsi présenté accompagné par d’autres œuvres, de rencontres et de conférences autour du travail d’un des géants du cinéma.


Le Livre d’image est un film en cinq chapitres comme les cinq doigts de la main, composé à partir d’images prises dans la mémoire du cinéma et des arts. Jean-Luc Godard en sature les couleurs, organise successions et surimpressions, décalages ou variations de formats et de rythmes. Il les redouble de sa voix, de sons, de textes lus et de musiques, souvent en décalé — comme on se construit une maison avec les ruines d’un château — en adaptant les formes et jouant des contrastes. Il parcourt alors les grandes données de l’histoire humaine qui ont traversé ses films : la guerre, la loi, l’autre, l’ailleurs, le couple, l’impossible innocence, le langage, l’amour. Voici vingt ans, il présentait le dernier épisode d’Histoire(s) du cinéma. La vidéo, comme « cimetière du cinéma », permettait l’exploration de l’Histoire du septième art et de ses mutations. Le Livre d’image reprend les mêmes éléments pour regarder cette fois « un siècle finir dans le suivant » : notre présent décrit par la mémoire du cinéma. Dans une société saturée d’images, Jean-Luc Godard fait évoluer le cinéma dans sa forme et dans sa présentation, poursuivant l’une des ambitions de cet art les plus accomplies : être une pensée par l’image et une image de la pensée. Poème cinématographique de la destruction et pourtant de l’espérance, Le Livre d’image expose avec fureur et bonté les possibles d’un cinéma qui reflète le monde et continue de se réinventer.

 

« Te souviens-tu encore comment nous entraînions autrefois notre pensée ?

Le plus souvent nous partions d’un rêve…

Nous nous demandions comment dans l’obscurité totale

Peuvent surgir en nous des couleurs d’une telle intensité

D’une voix douce et faible

Disant de grandes choses

D’importantes, étonnantes, de profondes et justes choses

Image et parole

On dirait un mauvais rêve écrit dans une nuit d’orage

Sous les yeux de l’Occident

Les paradis perdus

La guerre est là… »


Cyril Neyrat

Cyril Neyrat est écrivain de cinéma et critique. Après des études de sciences politiques et de cinéma, il a enseigné l’esthétique et l’histoire du cinéma dans les universités de Paris VII et Paris III.

Ancien rédacteur en chef de la revue Vertigo et membre du comité de rédaction des Cahiers du cinéma, il collabore aujourd’hui au site independencia.fr et dirige les éditions Independencia. Programmateur free-lance, il travaille avec divers festivals et lieux de diffusion, dont le FID Marseille, la Viennale ou la Cinémathèque portugaise. Il est l’auteur d’une monographie sur François Truffaut, de livres d’entretiens avec Pedro Costa, Jean-Claude Rousseau, Albert Serra et Pierre Creton, ainsi que de nombreux articles sur le cinéma de la modernité européenne, des années cinquante à aujourd’hui.

Après une année à Rome comme pensionnaire de la Villa Médicis, ses recherches se concentrent aujourd’hui sur les oeuvres de Carmelo Bene, Jean-Luc Godard, Jean-Daniel Pollet et Pier Paolo Pasolini.


Jean-Luc Godard

À ses débuts critique à La Gazette du cinéma puis aux Cahiers du cinéma, Jean-Luc Godard réalise des courts métrages avant de tourner son premier long métrage en 1959 : À bout de souffle. Ce film devient l’œuvre phare du cinéma de la Nouvelle Vague, dont Godard est désormais l’un des représentants emblématiques. Les années 1960 sont marquées par une œuvre prolixe (Le Petit Soldat, Le Mépris, Pierrot le fou, La Chinoise…). Les évènements de Mai 68 confirment un changement dans sa façon de concevoir le cinéma et ses films deviennent des étendards politiques. Puis il se détourne quelque temps du cinéma pour se consacrer à de la vidéo expérimentale, avant d’y revenir dans les années 1980 avec Sauve qui peut la vie, Détective et Prénom Carmen, film pour lequel il reçoit le Lion d’or à la Mostra de Venise en 1983. S’ensuit une période davantage orientée vers des documentaires expérimentaux comme Allemagne année 90 neuf zéro ou Histoire(s) du cinéma. Depuis les années 2000, Jean-Luc Godard continue son exploration infatigable du septième art avec Éloge de l’amour, Film Socialisme ou Adieu au langage (Prix du jury au Festival de Cannes en 2014). Jean-Luc Godard a reçu la Palme d’or spéciale du jury au Festival de Cannes 2018 pour Le Livre d’image.


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ESBAN

Le Livre d’Image