EDUC POP – Polar & Cinéma

Pour ceux qui n’ont pas eu la chance d’être là samedi matin pour la première séance d’Educ Pop au ZO, voici un petit résumé de ce qui s’est passé. On y a parlé des œuvres de Jim Thompson et des adaptations cinématographiques.

JIM THOMPSON 1906/1977  par Jean-Louis Chevreuil

Jim Thompson naît en 1906 en Oklahoma, d’une mère institutrice et d’un père shérif qui, démis de ses fonctions pour corruption, tentera sa chance dans la course à l’or noir. Jim Thompson déménage dans le Nebraska et vit un temps avec son grand-père et sa mère avant de rejoindre son père au Texas. Il y commence à écrire et à publier des nouvelles, suivant des cours universitaires la journée tout en travaillant le soir, tour à tour grouillot pour les journaux Forth Worth et Western World, employé dans un théâtre burlesque et groom dans un hôtel de Fort Worth pendant la prohibition, fournissant aux clients de l’hôtel, alcool, héroïne ou marijuana. Ce rythme de vie le plonge dans une dépression nerveuse sévère.

Rétabli, il rejoint son père dans les champs de pétrole à proximité de de Big Spring et y travaille trois années. Quittant le Texas à l’automne 1929 il s’inscrit à l’université du Nebraska tout en travaillant en marge de ses études, il est notamment projectionniste et veilleur de nuit pour une société de pompes funèbres. Il quitte l’université l’année suivante et épouse Alberta Hesse en 1931.

Pendant plusieurs années, il écrit pour de nombreux magazines à scandales, racontant les affaires criminelles à la première personne. Il publie également plusieurs nouvelles dans des pulps.

A l’instar de Walker Evans, de Dorotéa Lange, de Jack Levine ou de John Dos Passos, il bénéficie d »aides fédérales aux artistes et écrivains dans le cadre du W.P.A. (Works Progress Administration). Il rejoint le Parti Communiste en 1935 (qu’il quitte dès 1938).

Son engagement connaît son apogée avec la publication de « Labor History of Oklahoma » à la fin des années trente, ouvrage traitant de l’histoire syndicale de l’état, se basant sur des entretiens avec d’anciens esclaves et dont les tendances de gauche ne seront pas du goût de tous. Il doit défendre publiquement ses propos face à un politicien d’extrême droite. Confronté à ces réactions et au manque de succès commercial de ses productions suivantes, Jim Thompson déclarera : « Je ne vais plus pondre cette merde ésotérique. Désormais, je vais écrire des oeuvres érotiques et terre-à-terre sur la vie telle qu’elle est. » . C’est donc à la suite de divergences de point de vue qu’il quitte l’Oklahoma Writer’s Project, après l’avoir dirigé un temps. Ayant obtenu une bourse de l’université de Caroline du Nord en 1940 pour une étude sur le bâtiment qu’il ne mène pas à bout, il quitte l’Oklahoma pour San Diego ou il devient manoeuvre dans l’aéronautique.

Il publie en 1942 son premier roman intitulé Now and on Earth (Ici et maintenant), une oeuvre semi autobiographique inspirée par sa courte période passée dans une usine d’aviation au cours des premiers mois de la Seconde Guerre mondiale. Son père meurt dans une maison de retraite sans qu’ils se soient revus, Jim Thompson vit cette tragédie comme un nouvel échec et en gardera une trace vivace. Il poursuit l’écriture avec Heed the Thunder (Avant l’orage) et son premier véritable roman noir, Nothing More Than Murder (Cent mètres de silence ou Un meurtre et rien d’autre) relatant la misère des petits exploitants de cinéma de campagne américains. En 19 mois entre septembre 1952 et mars 1954, il écrira 12 romans dont : The Alcoholics (Les Alcooliques), A Hell of a Woman (Des cliques et des cloaques) ou The Nothing Man (M. Zéro), avant d’être appelé en 1955 par James B. Harris et Stanley Kubrick pour écrire le scénario de L’Ultime Razzia (The Killing), tiré du roman Clean Break de Lionel White. Kubrick s’attribue l’écriture du scénario ne laissant à Thompson que les « dialogues additionnels ». Cette polémique autour du « crédit » se règle à l’amiable avec l’assurance pour Thompson d’être le scénariste du film suivant de Kubrick, Paths of Glory (Les Sentiers de la Gloire). C’est aussi ce projet qui incite Thompson à s’installer à Hollywood (il y devient l’ami de Faulkner, ensemble ils entretiendront leur alcoolisme chronique).

Thompson va passer le reste de sa vie en Californie, il y signe quelques épisodes mineurs de séries télévisées (L’Homme de Fer) et plusieurs projets de scénarios non concluants.

Il meurt à l’âge de 71 ans après une série d’attaques cardiaques, sa santé fragile étant aggravée par son alcoolisme récurrent, son travail dans les puits de pétrole et ses déboires de jeunesse.

Jim Thompson aura écrit plus de trente romans, la plupart entre la fin des années 1940 et la moitié des années 1950. Beaucoup d’entre eux sont en partie autobiographiques. Peu reconnu de son vivant, la notoriété de Thompson s’est accrue dans les années 1980 avec la réédition de ses livres, et l’adaptation de certains de ses romans au cinéma.

En France, il est publié au sein de la collection Série noire des années 1950 aux années 1970. Marcel Duhamel lui offre symboliquement le numéro N° 1000 de la collection pour la publication de Pop. 1280 (1275 âmes), traduction dans laquelle cinq habitants disparaissent mystérieusement du titre, générant de nombreux commentaires et spéculations à ce sujet (Jean Bernard Pouy allant même jusqu’à écrire le roman 1280 âmes où le libraire bibliophile Pierre de Gondol enquête sur l’affaire dans un road-trip franco-américain).

Au milieu des années 1980, délaissée par la Série noire, l’œuvre de Thompson intègre le catalogue de Rivages/Noir où François Guérif lui offre le N° 1 de la collection pour Recoil (Liberté sous condition). Après la traduction de la quasi-intégralité des titres de l’auteur non disponibles au sein de la Série noire, Rivages récupère en 2010 les droits des 9 romans qui y avaient été publiés et propose depuis ces oeuvres sous de nouvelles traductions intégrales (à ce jour 4 ont été achevées).

ROMANS & AUTOBIOGRAPHIES
• Now and on Earth (1942) : Ici et maintenant, Rivages/Noir no 229, 1995
• Heed the Thunder ou Sins of the Fathers (1946) : Avant l’orage, Rivages/Noir No 300, 1998
• Nothing More Than Murder (1949) : Cent mètres de silence, Série noire No 54, 1950, , nouvelle traduction
intégrale : Rivages/Noir No 936, 2013 : Un meurtre et rien d’autre
• The Killer Inside Me (1952) : Le Démon dans ma peau, Série noire No 1057, 1966 , nouvelle traduction intégrale :
Rivages/Noir No 886, 2012 : L’Assassin qui est en moi,
• Cropper’s Cabin (1952) : Deuil dans le coton, Série noire No 1319, 1970
• Recoil (1953) : Liberté sous condition, Paris, Rivages/Noir No 1, 1986
• The Alcoholics (1953) : Les Alcooliques, Fleuve noir, Engrenage No 101, ; réédition, Rivages/Noir No 55, 1988
• Savage Night (1953) : Nuit de fureur, Engrenage No 72 1983, réédition, Rivages/Noir No 32, 1987 ;
• The Criminal (1953) : Le Criminel, Fayard noir No 8, 1981 ; réédition, Rivages/Noir No 167, 1993
• The Golden Gizmo ou The Golden Sinner) (1954) : Une combine en or, Rivages/Noir No 77, 1989
• A Swell-Looking Babe (1954) :Un chouette petit lot, Gallimard, Série noire No 1199, 1968 ;
• A Hell of a Woman (1954) : Des cliques et des cloaques, Série noire No 1106, 1967 , nouvelle traduction intégrale :
Une femme d’enfer, Rivages/Noir No 935, 2013
• The Nothing Man (1954) : M. Zéro, Série noire No 1009, 1966
• Textes Autobiographiques : Bad Boy (1953) et Roughneck (1954) Vaurien Rivages/Noir No 63, 1989
• After Dark, My Sweet (1955) : La mort viendra, petite, Rivages/Noir No 52, 1988
• The Kill-Off (1957) : Hallali, Fayard – noir N o 18, 1981 ; réédition, Rivages/Noir No 195, 1994
• Wild Town (1957) : Éliminatoires, Gallimard, Série noire No 972, 1965
• The Getaway (1958) : Le Lien conjugal, Gallimard, Série noire No 527, 1959, , nouvelle traduction intégrale : de
Pierre Bondil L’Échappée, Rivages/Noir No 887, 2012
• The Transgressors (1961) :Un nid de crotales, Rivages/Noir No 12, 1986
• The Grifters (1963) :Les Arnaqueurs, Rivage/Noir No 58, 1988
• Pop. 1280 (1964) : 1275 âmes, Série noire No 1000, 1966 ; , nouvelle traduction intégrale : Rivages/Noir No 1013,
avril 2016 : Pottsville, 1280 habitants
• Texas By the Tail (1965) : Le Texas par la queue, Rivages/Noir No 83, 1990
• South of Heaven (1967) : À deux pas du ciel, Rivages/Noir No 39, 1987
• Nothing But a Man (1970)
• Child of Rage (1972) : Rage noire, Paris, Rivages/Noir No 47, 1988
• King Blood (1973) :Sang mêlé, Paris, Rivages/Noir No 22, 1987
• Fireworks: The Lost Writings of Jim Thompson (1988) :Écrits perdus 1929-1967 & Après nous le grabuge:
Écrits perdus 1968-1977, Rivages/Noir, 1991 ; Rivages/Noir No 158 et No 177, 1999
• The Rip-Off (1989), roman posthume

ADAPTATIONS CINEMATOGRAPHIQUES
1972 : The Getaway (Guet-apens), film américain réalisé par Sam Peckinpah, d’après le roman Le Lien conjugal / L’Échappée (The Getaway), avec Steve Mc Queen et Ali MacGraw. Re-scénarisé par Walter Hill, alors débutant, qui remplace Jim Thompson, mal à l’aise, édulcorant et trahissant lui-même son roman par souci de satisfaire Hollywood, le résultat ne plaira guère aux deux parties, malgré un beau succès public en salles. Le romancier portera l’affaire devant la Guilde des Écrivains pour avoir été évincé, mais n’obtiendra pas gain de cause. le remake de 1994 de Roger Donaldson, de nouveau scénarisé par Walter Hill respectera beaucoup plus l’esprit de l’auteur.
• 1976 : The Killer Inside Me, (Ordure de flic), film américain réalisé par Burt Kennedy, d’après le roman Un démon dans ma peau / L’Assassin qui est en moi (The Killer Inside Me), avec Stacy Keach et Susan Tyrrell.
• 1979 : Série noire, film français réalisé par Alain Corneau d’après le roman Des cliques et des cloaques / Une femme d’enfer (A Hell of Woman), avec Patrick Dewaere, Myriam Boyer, Marie Trintignant et Bernard Blier co-adaptation et dialogues de Georges Perec
• 1981 : Coup de torchon, film français réalisé par Bertrand Tavernier d’après le roman 1275 âmes (Pop. 1280), avec Philippe Noiret , Isabelle Huppert, Stéphane Audran, Eddy Mitchell, J.P. Marielle, Guy Marchand
• 1989 : The Kill-Off, film américain réalisé par Maggie Greenwald d’après le roman Hallali (The Kill-Off).
• 1990 : After Dark, My Sweet (La mort sera si douce), film américain réalisé par James Foley d’après le roman La mort viendra, petite (After Dark, My Sweet), avec Jason Patric et Rachel Ward.
• 1990 : The Grifters (Les Arnaqueurs), film américain réalisé par Stephen Frears d’après le roman Les Arnaqueurs (The Grifters), avec John Cusack, Anjelica Huston et Annette Bening.
• 1994 : The Getaway (Guet-apens), film américain réalisé par Roger Donaldson d’après le roman Le Lien conjugal / L’Échappée (The Getaway), remake du film de 1972, avec Alec Baldwin et Kim Basinger.
• 1996 : Hit Me, film américain réalisé par Steven Shainberg d’après le roman Un chouette petit lot (A Swell-Looking Babe), avec Elias Koteas et Laure Marsac
• 1997 : This World, Then the Fireworks (Liens secrets), film américain réalisé par Michael Oblowitz d’après le roman Écrits perdus 1929-1967 (Fireworks: The Lost Writings of Jim Thompson), avec Billy Zane, Sheryl Lee et Gina Gershon.
• 2010 : The Killer Inside Me film américain réalisé par Michael Winterbottom d’après le roman Un démon dans ma peau / L’Assassin qui est en moi (The Killer Inside Me), remake du film de 1976, avec Casey Affleck, Kate Hudson, Jessica Alba, Elias Koteas et Ned Beatty.
En 1975, Jim Thompson fera une courte apparition dans le film Adieu ma jolie du réalisateur Dick Richards, adaptation du roman de Raymond Chandler, endossant le rôle du juge : le mari trompé d’Helen Grayle jouée par Charlotte Rampling.

QUELQUES UNS DE CEUX QUI EN PARLENT
Stanley KUBRICK : à propos de The Killer inside me : « C’est l’histoire la plus crédible et la plus effrayante jamais écrite à la première personne concernant un esprit criminel ».

James ELLROY : « […] non seulement Thompson écrit des dialogues grandioses mais, en plus, il est surdoué pour capturer la psychologie des protagonistes : on ressent tellement fort l’obscurité et la perte »

François GUERIF : son éditeur français, qui créera pas moins de 3 collections (Engrenage, Fayard Noir et Rivages Noir) pour l’éditer : « Thompson fait preuve d’une empathie insondable pour ses personnages les plus dégénérés. D’ailleurs, on a toujours l’impression que ses héros sont des simples d’esprit. Il y a de l’amour en lui. C’est pour cela que selon moi, tout au long de ces romans toujours très autobiographiques, il ne cesse de parler de Dieu »

Stephen KING : « Moi j’écris des livres d’horreur qui sont censés faire peur, et je peux vous dire que quand on écrit ce genre de bouquins, il arrive toujours un moment ou un mécanisme de blocage se met en place, qui fait que vous dites , non il faut que j’arrête sinon ça va trop loin – Big Jim Thompson, lui, ne s’arrête jamais, il est le seul »

On est loin de de l’affirmation de Raymond CHANDLER : « dans toute forme d’Art, la rédemption est nécessaire » in The Simple Art of Murder

DEUX CITATIONS DE BIG JIM 

The Killer inside me

« – Ça ne me viendrait pas à l’idée de te menacer, Lou, mon chéri, mais je suis bien décidée à ne jamais renoncer à toi. Jamais, jamais, jamais. Si tu es trop bien pour moi, alors je ferai ce qu’il faut pour que tu ne le sois plus.

Je l’embrasse – un long baiser, brutal. Car Joyce ne le sait pas, mais elle est déjà morte, et d’une certaine façon, je ne pourrais pas l’aimer davantage »

Texas By the Tail :

« La vie est une bassine de merde dont les poignées sont des fils de fer barbelés »

EXEMPLES de « TRINITÉ » THOMPSONIENNE

The killer Inside me / Série Noire (A Hell of a Woman)

– La Pute : Joyce – Sa femme : Jeanne (33)

– Le flic : Lou Ford – Le démarcheur : Franck (Dillon) Poupart (32)

– L’institutrice : Amy – La jeune fille : Mona ( 17)

Les Arnaqueurs (The Grifter) / Coup de Torchon (Pop 1280 – 1275 âmes)

– La mère : Lili (39) / La maîtresse : Myra (32) – L’épouse : Huguette / La maîtresse : Rose

– Le fils : Roy Dillon (24) – Le Shérif : Lucien Cordier

– L’ infirmière : Carol (17) – L’institutrice : Anne

FILMOGRAPHIES (très) RESTRICTIVES

Alain CORNEAU (1943 / 2010)

Tout juste sorti de l’ IHDEC, Corneau rencontre Jim Thompson début des années 1970s ; il souhaite adapter pour l’écran Pop 1280 et ils y travaillèrent tous les deux . Ce projet ne put aboutir pour des raisons de droits. Après Série Noire, les options ayant été levées, il envisagea, d’en reprendre l’adaptation mais dû l’abandonner pour terminer la scénarisation du Choix des Armes. Tavernier souhaitait depuis longtemps adapter ce roman, avec l’accord de Corneau il put ainsi le scénariser (avec Aurenche) et réaliser Coup de Torchon en 1981 (superbe transposition africaine mais avec une erreur rédhibitoire de casting quant au choix de son ami Philippe Noiret pour le rôle principal).

Tous ses premières réalisations co-scénarisées avec de grands écrivains/scénaristes, seront des films de genre : le premier est un film de S.F., les suivants des policiers

1974 France Société Anonyme Réalisateur et co-scénariste avec Jean Claude CARRIERE

1976 Police- Python 357 Réalisateur et co-scénariste avec Daniel BOULANGER

1977 La Menace Réalisateur et co-scénariste avec Daniel BOULANGER

1979 Série Noire Réalisateur et co-scénariste avec Georges PEREC

Alain Corneau réalisera encore 15 films , dont 4 pouvant se rattacher au genre polar : Le Choix des Armes (1981), Le Cousin (1996), Le Deuxième Souffle (2007), Crime d’Amour  (son dernier film en 2010).
Cinéaste abordant à peu près tous les genres au cours de sa carrière, il est surtout connu du grand public pour Tous les Matins du Monde, Nocturne Indien ou Fort Saganne.

Stephen FREARS (né en 1941)

Plus de 45 films réalisés sans compter les téléfilms. Parmi les 21 films qu’il réalise avant The Grifters on trouve 3 polars :

1971 Gumshoe Références nombreuses au roman noir (son héros se fait appeler Sam Spade)

1979 Bloody kids Deux adolescents du sud de Londres décident de passer au meurtre.

1984 The Hit Willie Parker apprend que son ex-associé a engagé un tueur pour le liquider depuis 1990 et The Grifters il a réalisé 23 films mais plus aucun polar

Michael WINTERBOTTOM (né en 1961)

1989 / 2010 24 films et 1 série TV avant The Killer Inside Me et pas un seul polar

2010 / 2016 12 films et toujours pas d’autres polars

NB : Ce film de commande, de la belle ouvrage de la part d’un réalisateur besogneux, fut unanimement démoli par la critique et seule la prestation de Casey Afleck (excellente et juste) trouva grâce à ses yeux. Pour autant,son caractère sulfureux et malsain, sa mise en scène très resserrée (surtout au départ) et son inscription dans les fifties du Deep South respectent scrupuleusement l’atmosphère du roman. (à mettre en relation avec The Nothing man (Monsieur Zéro) , écrit deux ans plus tard.

Sinon : Pour ce qui est d’une découverte un peu structurée du Roman Noir, je conseillerai vivement un bouquin de Jean-Bernard POUY Une Brève Histoire du Roman Noir qui vient tout juste d’être réédité en poche (à 6€20).

CINEMA & ROMAN NOIR : quelques références

Le Faucon Maltais J. Huston 1941 adapté de D. Hammett

Assurance sur la Mort B. Wilder 1944 adapté de J.M. Cain

Les Tueurs R. Siodmak 1946 adapté de E.Hemingway

Le Grand Sommeil Howard Hawks 1946 adapté de R. Chandler

Pendez moi haut et court J. Tourneur 1947 adapté de J.M. Cain

La Dame de Shangaï O. Welles 1948 adapté de S King

Le Facteur sonne toujours 2 fois T. Garrett 1946 adapté de J.M. Cain

Le Troisième Homme C. Reed 1949 adapté de G. Greene

Les Forbans de la Nuit J. Dassin 1950 adapté de G. Kersh

L’Ultime Razzia S. Kubrick 1955 adapté de L. White

En 4ème Vitesse R. Aldrich 1955 adapté de M. Spillane

Quand la ville dort J. Huston 1950 adapté de W.R. Burnett

La Nuit du Chasseur C. Lauhton 1956 adapté de D. Grubb

Ascenseur pour l’échafaud L. Malle 1958 adapté de N. Calef

Tirez sur le pianiste F. Truffaut 1960 adapté de D. Goodis

Plus dure sera la Chute B. Schuberg 1956 adapté de M. Robson

La soif du mal O. Welles 1958 adapté de W. Miller

Compartiments Tueurs Costa-Gavras 1965 adapté de S. Japrisot

La Métamorphose des Cloportes P. Granier-Deferre 1965 adapté de A.Boudard

Pierrot le fou J.L. Godard 1965 adapté de L. White

Made in USA J.L. Godard 1966 adapté de D. E. Westlake

Le Privé R. Altman 1973 adapté de R. Chandler

Un linceul n’a pas de poches J.P. Mocky 1974 adapté de H. McCoy

La Chair de l’Orchidée P. Chéreau 1975 adapté de J.H. Chase

Adieu ma jolie D. Richards 1975 adapté de R. Chandler

Hammett W. Wenders 1982 adapté de J. Gores

Cop J.B Harris 1988 adapté de J. Ellroy

Regarde les hommes tomber J. Audiard 1993 adapté de T. White

Mystic River C. Eastwood 2003 adapté de D. Lehane

Gone baby gone B. Affleck 2007 adapté de D. Lehane

Drive N. Winding Refn 2011 adapté de J.Sallis

Paper Boy L. Daniels 2012 adapté de P. Dexter

Joe D.G. Green 2013 adapté de L. Brown

Liste bien sûr non exhaustive . (Ainsi, ne pas oublier la relation étroite qui unie David Lynch à Barry Gilford)
D’autres filmographies « noires » trouveraient leur place dans cette liste comme celles d’Abel Ferrara, en dehors de « Cat Chaser » adapté d’un roman d’ E. Leonard : (L’Ange de la Vengeance, Bad Lieutenant, Nos Funérailles…), de Claude Chabrol (Que la Bête meure, Juste avant la Nuit, Le Boucher, La Cérémonie….), des Frères Cohen (Sang pour Sang, Fargo, The Barber, No Country for Old man…) , de James Gray (Little Odessa, the Yards, La Nuit nous appartient…),de J.P. Melville (Le Doulos, Le cercle Rouge, Le Deuxieme souffle…) de Martin Scorcese (Mean Streets, Taxi Driver…) sinon que ces films ne proviennent pas directement de l’adaptation et de la scénarisation de romans noirs préexistants. Bien qu’en ce qui concerne Martin Scorsese, on sache, grâce à Alain Corneau, qu’il avait pris des options sur 5 ou 6 romans de Jim Thompson dès le milieu des années 70s.

Quant aux origines du Roman Noir et à ces écrivains majeurs, si certains font remonter sa naissance à OEdipe Roi de Sophocle et à la tragédie grecque, contentons nous d’évoquer le 19° siècle. avec Hugo, Poe, Balzac, E. Sue et Zola.

A la fin des années 20s D. Hammett et R.Chandler (ou le Simenon d’avant Maigret en Europe), ouvrent la voie à la génération des David Goodis, Jonathan Latimer, Horace McCoy, Ross McDonald , Jim Thompson, Lionel. White, Charles Williams,…, bientôt rejoints par Elmore Leonard ou D.E. Westlake (plutôt sous son pseudo Robert Stark) ou Chester Himes. Suivrons Larry Brown,, James Crumley, Harry Crews, Pete Dexter, James Ellroy, Joe R. Lansdale, Denis Lehane, Chris Offutt, James Sallis, ou Daniel Woodrell : liste, elle aussi, non-exhaustive.

Ici, Patrick Manchette F.H. Fajardie et D. Daenincks, « tracèrent la route » pour K. Ferey, Maurice G. Dantec et autres.

Jean-Louis Chevreuil

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